Coté Cour Côté Jardin

Toute personne ayant fait quelques recherches dans la danse basque peut percevoir l’importance que le baroque a eu sur cette dernière. Malgré la rareté des documents que nous pouvons consulter, ils sont suffisamment importants pour les considérer primordiaux pour l’histoire de notre folklore. Les Côté Cour... La pamperruque.1.ballets de cour, avec leur intérêt pour la mythologie et les sujets des pastorales, avaient posé leur regard sur les traditions vivantes qui les entouraient, notamment les basques, et ont continué à le faire pendant des années. Madame D’Aulnoy dans son ouvrage « L’ermite en provence », parle de Noverre et de sa fascination pour les jautzis (sauts) que dansaient les paysans basques de l’époque. Grâce à son oeuvre on sait que Noverre voulu amener ces danses à la Cour malgré la difficulté que pouvait représenter leur reproduction. Sans doute un grand moment, qui a beaucoup enrichi notre patrimoine et à permis de le consolider. Je pense à la grande richesse des branles que nous avons eu, et que malheureusement nous avons perdu ( et récupéré, comme par exemple la Pamperruque); mais je pense également aux J.A urbeltzmagnifiques kaskarots labourdins, aux volants basnavarrais ou aux mascarades souletines et à ses personnages, tous si singuliers dans l’ensemble du folklore européen. Dans les moments si difficiles que nous vivons, Claude Iruretagoyena et la Compagnie Maritzuli prennent ces traditions, courtisanes et paysannes, pour s’imprégnier de l’esprit de notre danse en lui attribuant un sens très précis tant dans sa dimension historique que culturelle. Tout particulièrement parce que ce sont des moments difficiles, notre reconnaissance ne peut être plus sincère envers ces personnes jeunes, sensibles et intelligentes, qui oeuvrent si bien pour la culture de leur pays.

Juan Antonio URBELTZ.

Directeur du groupe Argia de Saint Sebastien.

Coté Cour…

Comme l’a montré Curt Sachs, c’est au contact des danses paysannes, plus vivantes, que les solennelles danses de la cour se transformeront. Même si leurs styles et leurs buts sont totalement opposés, ces deux genres vont s’influencer mutuellement et ceci déjà à partir du 16ème siècle.

Côté Cour... Maiatzaren zinta dantza.1.En 1661, Louis XIV, le Roi qui danse, et Lully créent, bien avant l’académie des lettres, la fameuse académie royale de danse. Cette institution missionnée pour recenser, normaliser et créer un répertoire chorégraphique unique, fera appel à des maîtres de danse venus d’horizons divers parmi lesquels les danseurs basques figureront nombreux et en bonne place. En effet, nous assistons alors à la naissance du ballet pré-classique duquel nous conservons comme témoignage important « pas de basque » et « saut de basque ». L’art populaire contribue ainsi à l’enrichissement et la définition des futurs canons du langage de la danse.

 Très vite, à l’occasion des fastes des importantes fêtes que Bayonne organise lors des réceptions des personnalités politiques ou militaires, le corps de ville se « paie le luxe » d’y faire exécuter une danse spécialement créée pour ces occasions, la Pamperruque.

Pour cela elle fait appel en général à des danseurs traditionnels locaux qu’elle habille et rémunère parfois. Ainsi à partir du répertoire des danses anciennes du type des branles, ou Soka dantza (danse en chaîne), les maîtres à danser s’emploieront à lui donner une allure princière, s’inspirant à leur tour des danses de cour en vigueur à l’époque, la rendant plus précieuse et formellement dotée d’un « protocole » à la hauteur et au goût des fêtes de ce siècle. A ma connaissance, c’est le seul cas où les danses de cour pénètreront et viendront autant enrichir les traditions locales.

Construite sur un métissage certain, la Pamperruque, danse raffinée, rassemble des foules nombreuses et unit dans une même occasion la bourgeoisie, l’aristocratie avides d’évènements fastueux et précieux, et le peuple, très fidèle et très attaché à sa danse et à ses traditions populaires.

En un mot : Symbole et fleur achevée du Bayonne du 18ème , où l’accord unanime de la cité s’exprime ainsi dans la danse, où participe la ville entière acclamant la jeunesse, la beauté et le luxe des exécutants…

Il n’y a pas dans ce Pays Basque, d’occasion qui ne se passe de danses, de chants ou de fêtes…

La première partie de notre spectacle se veut le reflet de cette union à la fois simple et raffinée entre l’art populaire basque et les usages « Côté Cour ».

Coté Jardin…

Côté Jardin... Dantza luzea.7Tous les observateurs de la vie basque depuis la première moitié du 19ème siècle ont signalé, à côté des  « sauts » commun à l’ensemble du pays, l’existence de danses propres à la soule.

Ce qui s’impose bien plus encore à l’attention dans le passé proche où nous avons regard, c’est l’existence en ce pays, d’une technique de danse particulière, très maigrement ou pas du tout représentée dans les régions voisines. Technique savante, brillante, d’un niveau exceptionnel dans nos traditions populaires, servie par des exécutants qui eux-mêmes ont reçu une formation tout à fait inhabituelle. Elle met en œuvre des unités de mouvement communément appelés « point de principe », très différents de celles qui entrent dans la composition des sauts basques. A ce sujet, Charles Bordes fait une remarque capitale qui s’impose : « La danse souletine telle qu’elle se présente à la fin du 19ème siècle, se rattache à un état ancien du ballet français ». Il résume parfaitement en 1909 : « Elle semble prendre racines dans nos traditions françaises de la danse de théâtre aux 17ème et 18ème siècles, qui du théâtre s’était transportée dans les écoles de danses de régiment comme il en existait autrefois (…) pour enfin venir échouer au village dans de lointaines vallées du Pays Basque.

Tout au long du 19ème siècle, en effet, des maîtres qualifiés ont enseigné dans les régiments « la danse par principe » aux recrues qui désiraient s’en instruire. Entre 1788 et 1879, au moins huit ordonnances successives prescrivent aux chefs de corps d’encourager la pratique de la danse comme propre à « fortifier la constitution, développer l’adresse et l’agilité ». Le contenu et la forme de cet enseignement militaire remontent à ce début de 19ème siècle ou la danse civile dont il s’inspire s’aligne plus qu’à toute autre époque sur la théâtrale. Les noms des pas demeurés familiers aux maîtres régimentaires se rencontrent pour la plupart dans les traités de danse du Consulat, de l’empire et de la restauration. La majeure partie d’entre eux vient en droite ligne du ballet. Nous retrouverons beaucoup des uns et des autres dans la terminologie des danses souletines.

Au total danse difficile, exigeant beaucoup de précision et de vigueur, en même temps qu’une maîtrise consciente de tous les instants.

Venus de toutes les provinces de France, des hommes appartenant aux conditions les plus modestes, se sont instruits de cette technique savante, beaucoup sont devenus prévôts ou maîtres de danse, auCôté Jardin... Godalet dantza.1. cours d’un service militaire dont la durée à cette époque a varié de cinq à huit ans. Revenus dans leur pays, il ont fait montre de leur savoir et suscité plus ou moins d’imitateurs selon que le milieu social où ils reprenaient place avait ou non la possibilité d’accueillir un moyen d’expression aussi laborieux.

En Pays Basque, la place faite à l’enseignement de la danse dans la vie rurale a rendu possible l’insertion de modèles totalement inédits.

Entrechats, mouchetés, pirouettes, Compositions savantes et brillantes très justement mêlées et imprégnées à l’art traditionnel dans les provinces de basse Navarre et de Soule , donneront à nos jeunes danseurs l’occasion durant la seconde période de ce spectacle d’user, d’abuser et de faire valoir la maîtrise, la précision et la vigueur que requiert cet art qu’est la Danse « Côté jardin ».

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